Aïssaouia
Deux lycéens du lycée Ben Badis de Collo, se sont penchés sur la confrérie des Aissaouias. Nous ne remercierons pas assez Douadi Tahar et Bouldjedri Ali, ces deux lycéens qui ont réalisé cet exposé en cours de français.
La confrérie des Aïssaoua est présente à travers ses zaouias dans tout le Maghreb. Les adeptes de cette confrérie s’adonnent, après initiation auprès d’un maître, à des rituels collectifs animés par des instruments de musique. Le rituel des Aïssaoua comporte des litanies et des poèmes chantés. Les instruments qui accompagnent le rituel des Aïssaoua sont des tambourins cylindriques à une seule membrane (bendir). M.Abelmadjid Mameri est le cheikh (le maître) des Aïssaoua de Collo. Quand nous sommes allés lui rendre visite dans son magasin de fruits et légumes, nous l’avons trouvé en train d’écouter une chanson de malouf qui tient ses racines du champ des Aïssaoua. Nous sommes restés avec lui de 8h à 12h. Nous l’avons même aidé à servir des clients Il nous expliqua que le mot « Aïssaoua » tient ses origines du nom du fondateur de la confrérie : Sidi Mohamed Ben Aïssa surnommé El Kamel.( le parfait).
Il l’a fondée au Maroc, plus précisément à Meknès. Elle s’est implantée à Collo en 1885 par l’entremise de EL Cheikh Baaziz. Monsieur Mameri est, selon ses dires, le sixième cheikh de la confrérie colliote. Le chef spirituel des Aïssaoua d’Algérie est le cheikh Abdelkrim Djazouli qui se trouve à Ouelhassa, près de Ain Témouchent, dans l’ouest algérien. Il nous confiera aussi que les Aïssaoua de Collo sont souvent invités aux domiciles des gens pour la « lila » (i.e., la nuit) afin de célébrer un événement heureux, mais ils ne perçoivent aucune rétribution en contrepartie.
C’est une règle léguée de génération en génération et que personne n’oserait transgresser. Mais les aides de sympathisants sont toujours les bienvenues. Elles serviront aux renouvellements des instruments, à l’entretien de la Zaouia (lieu spirituel des aïssaoui) ou aux frais de déplacements pour participer à des regroupements, fêtes ou autres festivals . Nous avons appris aussi que cette même confrérie avait abandonné les représentations qui avait trait à la violence. En effet, les chants des Aïssaoua donnent lieu à des danses et à des transes extatiques. Ces dernières avaient pour conséquence, naguère, des pratiques inouïes pour le non-initié.
On voyait ainsi des Aïssaoui jouer avec le feu au sens propre du mot, marcher sur des charbons ardents, lécher la lame d’une épée très aiguisée ou se perforer les joues avec une énorme aiguille sans qu’aucune goutte de sang ne coule, sans la moindre souffrance. Quel est le secret ? Nul ne peut le dire. Le cheikh nous a invités à la zaouia à 17h30. Nous y sommes allés. Les aïssaoui étaient en train de répéter.
Il y avait une ambiance extraordinaire . Le rythme était entraînant. Nous avons, accompagnés par quelques membres de la troupe, dansé au milieu de la hadra (qui signifie littéralement l'assemblée ). C’était exceptionnel ! Magique même ! Dans la méthode aïssaouie , M. Mameri a trouvé , nous a-t-il dit, la paix intérieure et l’équilibre de sa personnalité. Avant la prière du maghreb (le crépuscule) , il aime bien descendre sur le port pour profiter du spectacle du coucher du soleil sur la mer méditerranée. Être aïssaoui c’est sans doute être aussi sensible à la beauté des choses. Aujourd’hui, des jeunes ont pris le relais pour perpétuer des traditions ancestrales et les protéger contre l’oubli. M Mameri est là pour les encadrer et leur apporter la Baraka du cheikh.
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